la virtualité pour Philippe Parreno serait-elle humaine ?

(Notes de lecture sur les grands entretiens d’ArtPress : Philippe Parreno)

Philippe Parreno est un artiste difficile à classer me laissant premio le sentiment d’exploiter son imaginaire d’enfant, de l’enfance, de son enfance, mais encadré par la maturité d’un homme de son âge.Dans « no more reality », il invite des enfants à manifester, puis à crier joyeux noël au mois de juin ; l’œuvre d’art, le sapin l’est de janvier à novembre, mais non plus en décembre, car il est noël, et c’est ça qui est intéressant, cette irruption de l’image dans le réel, l’image de noël, et son esprit, au mois de juin.Né en 1964, il arrive sur la scène artistique au début des années 1990, au sein de collaboration, collectif, il émet toutefois en 2009, le souhait, réalisé avec « Zidane » (retranscription cinématographique d’un match de football) et « PostMan Time », « le facteur temps », de signer seul, mais reviens ensuite à la collaboration artistique.Avec « A factory of clouds et While() », il s’interroge sur le phénomène de répétition, tel des nuages passant et repassant quelque part dans le ciel, comme une boucle while en code informatique. Dans « a factory of clouds », tous les jours, étaient publié, au moyen de trois médias d’information différents, une production qui était toujours la même, ce qui en soit teinte d’originalité, la redondance, ennuyeuse de certaines informations, habitudes, us et coutumes, rituels.« Nous ne somme pas un groupe, mais plusieurs personnes qui travaillons, pensons, dialoguons ensemble ».Les fantômes étant pour Philippe Parreno comme un livre oublié que l’on réinvente, « No Ghost Just a shell », est un film d’imaginaire qui se cherche un acteur pour exister, où l’on s’est inspiré, d’agences de films d’animations, japonaises, vendant des personnages afin les employer dans des dessins animés.Ses expositions, ses médiums sont intelligemment structurés, comme ce fut le cas, au Palais de Tokyo à Paris, où l’artiste souhaitait que son exposition laisse trace, au grès des événements, du temps, de la sédimentation. Mais lorsque je parle d’environnement, il s’agit, également d’historiens de l’art, qui le suivent, où il regrette d’ailleurs qu’il n’y ait pas d’histoire de l’art des expositions, bref, histoire de l’art, environnement, structure, où pour lui, le fait de se réunir, la réunion, préexiste à tout autre objet (des artistes, des œuvres d’arts, des publics), à l’exemple des associations loi 1901, et mis en exposition avec « Snow Dancing », l’on convie des personnes, sans objets, à une fête d’une durée de deux heures dans un espace permettant aux participants une activité incessante, et donc ces deux heures de fête, venant côtoyer cette incessante activité, des temporalités qui sont mises en lumières telles des « marquees », des « marquises »(*), une autre exposition par ailleurs.« c’est moins la production d’objets que leurs insertions dans une histoire, dans un contexte qui l’intéresse ».Il nous invite à penser l’exposition comme un médium, un format en elle-même, à cet effet, l’une d’entre elles proposait au public de voir un film réalisé en 70 mm ; mais composé uniquement de lumière, « le 70mm, est le plus large format qui existe au cinéma, ce n’est plus de l’information projetée, mais de la lumière pure ». Ce qui en art, est diablement intéressant, lorsque l’on à idée de la portée que le travail sur les ombres et la lumière, font dans la qualité esthétique d’une œuvre artistique, de surcroît, je ré évoque « Zidane »où les ombres des joueurs d’un match de football, la nuit, sous les feux des projecteurs n’y sont peut être pas pour rien dans son choix artistique.Imaginons, un instant, ce format, qu’est l’exposition, telle une caméra, qui enregistre la lumière pure dont il est sujet ; l’exposition, serait-elle là avant, et puis finalement, le spectateur, témoin d’une exposition passée ? (donc d’une ré-exposition)Parce qu’il est question, d’exposition, de lieu d’exposition, de représentation, d’histoire de l’art des expositions, d’espace, celui de la discussion premièrement, qui a nourrit l’ouvrage sur lequel je réalise ces notes de lectures. Et plus spécifiquement d’un jugement qui se porterait sur le plan où coexistent réalité-image-commentaire, alors qu’entant, lorsque par exemple Charles Baudelaire était critique, poète, et témoin expressif de son époque, une autre époque en somme, la réalité, l’image et le commentaire était des choses qui était jugé indépendamment; les époques évoluent, certains et E. H. Gombrich (Histoire de l’art, Phaidon) estiment que l’époque est en révolte contre la précédente; elles ne sont pas évidentes à comprendre ces notions de réalité, image, et commentaire surtout, aujourd’hui, où l’abstraction est là, mais je pense que la réalité est celle dont s’inspire l’artiste pour l’œuvre, l’image étant celle qu’il livre au public, le commentaire étant, l’avis de ce dit public, et puis la reconnaissance artistique ou non d’une œuvre; ainsi, le réel était jugé, l’imaginaire était jugé, et le commentaire l’était également ; aujourd’hui, ce serait une coexistence, réel-imaginaire-commentaire qui le serait, ce qui expliquerait, cette lumière, enregistrée telle une exposition format mais passé me semble t-il d’une exposition, de ce format, le 70 mm, de ce médium, venant inscrire cette réunion entre le public, et la projection de cette lumière, au passé, dans le temps, instrument, enfin, de l’histoire.« Nous pouvons avoir des mots sans monde, mais pas de monde sans les mots, l’étoffe dont est fait notre monde se fait à partir des mots. Donc nous avons affaire à des visions, des représentations, plutôt que des descriptions », ici me semble t-il c’est la figure de l’artiste, qui est mise en exergue, l’artiste voyant, représentant, plutôt que décrivant le monde « intangible », et donc loin d’une essence platonicienne du monde, ou d’un dogme de la réalité.Pierre Boulez avec qui Philippe Parreno, s’est entretenu, pour un travail qui ne vit pas le jour, lorsque Pierre Boulez exprimait, que ‘le fragment est seule réalité en musique, le tout n’étant qu’une illusion sans cesse renaissante et sans cesse poursuivie’, et en exemple, la représentation d’un chef d’orchestre, avec ses musiciens des nocturnes de Frédéric Chopin(le fragment), et non pas, les nocturnes de Frédéric Chopin (le tout) lambda, ainsi cette question de la réalité dans le fragment, mais de l’humain qui la représente, Friedrich Nietzche, Jean-Paul Sartre et Philippe Parreno, Snow Dancing, les possibles humains, l’existentialisme est un humanisme, l’existence précède l’essence, mais cette question peut être de l’impossible dialogue, platonicien ou autre, entre l’artiste, son œuvre, et son public ?

(*) Noms des enseignes lumineuses qui indiquaient les séances de cinéma aux États-Unis.

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